
| Thème | Période | Territoire |
|---|---|---|
| Echanges | XVII-XIXe siècles | Europe atlantique |
| Environnement | XVIe-XXe siècles | Europe atlantique |
| Sociétés littorales | XVIe-XXe siècles | Europe atlantique |
| Pêche | XVIe-XXe siècles | Europe atlantique |
| Construction navale | XVII-XIXe siècles | Europe atlantique |
Mes axes majeurs actuels de recherche, développés avec mes étudiants et mes thésards, ayant une audience nationale et internationale
1) Le cabotage du XVI au XXe siècle et le rôle majeur des petits ports
-« Les enjeux du cabotage européen (XIVe-XIXe siècles) » dans, C. Buchet, J. Meyer, J.P Poussou, La Puissance maritime, Presses Universitaires de Paris Sorbonne, 2004, p 377-394.
-« Intra-européan coastal shipping from 1400 to 1900. A long forgotten sector of development”, in Emmer (P.), Pétré-Grenouilleau (O.), Roitman (JV.), A deus ex machine, Atlantic colonial trade and European economic development, Brill Academic Publisher, 2006, p.89-107
-« Produits vivriers et matières premières dans le développement du cabotage en Europe atlantique (de la péninsule ibérique à l’Europe du Nord) XVe-XVIIe siècles » ,in Richezza del mare, Richezza dal mare, Secc.XIIIe-XVIIIe, Atti delle « Trentasettesima di Studi », 11-14 avril 2005, serie II, 37, Instituto internationale di Storia Economica « F.DATINI, Prato, mai 2006. p.267-285.
-« Le cabotage sur la façade atlantique française (XVe-XVIIIe siècles), Revue d’histoire maritime, N°8, p.9-37, Presses Universitaires de Paris Sorbonne, février 2008.
-Direction du un numéro spécial de la Revue d’Histoire maritime sur le cabotage avec 7 articles, le N°8, Presses Universitaires de Paris Sorbonne.183p.
-Small Ports from th 16th to the early 20th century and the local economy of the French Atlantic coast”, International Journal of maritime history”, vol.XXI, N°2, déc. 2009. p.103-126
La thèse développée : A la fin XVIIe, l’armement français abandonne le cabotage international aux pays du Nord (Hollande, Angleterre, Pays scandinaves qui détiennent toujours les plus grosses maison d’armement), au profit d’un armement colonial protégé par l’Etat à travers les systèmes de l’exclusif et des monopoles. C’est le début d’une économie mixte ou du privilège maritime qui dure jusqu’à nos jours (soutien de l’état par des commandes et des primes aux chantiers privés, aux flottes marchandes). Lorient est le résultat de cette économie du privilège, la compagnie des Indes ne fut qu’une grosse administration de l’Etat qui assura la pérennité du site avec la Marine militaire.
Il en résulte.
- une représentation biaisée du cabotage : ’un monde de gagne petit, de petits tonnage que la vague patrimoniale célèbre dans les fêtes des vieux gréements car nous n’avions conservé que le cabotage national et local.
- une représentation sur dimensionnée de la puissance maritime française de Colbert à la fin du XVIIIe siècle quand nos armateurs se réfugiaient dans les trafics juteux et protégés vers les Antilles ou les Indes, ce n’est qu’un faux semblant
- la nécessité de réhabiliter le cabotage et les petits ports qui constituent la base essentielle du réseau portuaire français qui n’eut pas la capacité de se hisser au niveau européen au XIXe siècle, tandis que nos grands ports coloniaux étaient déclassés et affrontaient difficilement l’adaptation à l’ère industrielle. C’est peut-être la clef pour comprendre les difficultés des ports français à apparaître dans la tête de liste des ports européens
- Pour ceux qui ignorent cette histoire des petits ports de cabotage qu’ils prennent la liste de tous les ports de plaisance, la fonction nautique leur à redonner vie.
2) Les trajectoires des territoires littoraux en montrant la succession des modèles de développement, des usages, montrant l’évolution du rapport à la mer
Mes apports : le concept de pluriactivité (adoptée au niveau européen par les chercheurs sur les sociétés littorales) pour corriger l’idée d’un exercice exclusif d’un métier maritime par les riverains des littoraux, une thèse : l’identification des trois civilisations successives de la de la côte du XVIe au XXIe siècle, avec une mise en valeur des concepts de crises et ruptures dans la gestion des ressources, des conflits d’usages et des évènements extrêmes.
La satisfaction de voir les sciences de la mer de Labex Mer Bretagne reconnaître l’apport des Historiens maritimes dans le projet de GIS MER OUEST axe « La société face aux aléas et risques maritimes, naturels et humains)
« La pluriactivité dans les sociétés littorales (XVIIe-XIXe siècles) », Annales de Bretagne et des Pays de l’Ouest, tome 109, n°1, 2002, p. 61-90.
« Entre Terre et Mer, Sociétés littorales et pluriactivités (XVe-XXes.) »(Codirection et auteur), PUR, 2004, 391 p.
“Die Küstenbevölkerungen Mecklemburgs (Zwischen Poel und Fischland) und der Bretagne (von Ende des 18. bis zum Beginn des 19. Jahrhunderts) : Versuch eines vergleichs der Merfachbeschäftigungen “, in SCHMIDT (B.), HOGEFORSTER (HG.) dir, Mehrdimensionale Arbeitswelten in Baltischen Raum, Von der Geschichte zur Gegenwart und Zukunft, Hamburg, DOBU Verlag, 2007, p.70-79.
« Pour une Histoire sociale de l’Estran français du XVIe à la Seconde guerre mondiale » Annales de Bretagne et des Pays de l’Ouest, Tome 117, décembre 2010, p.137-164.
1 La civilisation des petits ports et havres : Elle née dans les petits ports de pêche et de cabotage qui constituent une véritable guirlande sur le littoral. Ils sont portés par leur hinterland agricole ou agro-marin ou se livrent à la pêche côtière. Les populations riveraines vivent dans un rapport pluriel avec la mer. Il en résulte une absence de clivage entre gens de terre et gens de mer. Le paysan-pêcheur est le prototype social du riverain. La gestion du littoral s’intègre dans une organisation pluriactive de la société. L’exercice des activités de pêche et de cabotage traduit un profond ancrage local que révèlent le recrutement paroissial des équipages et la mobilisation d’un micro-capitalisme local qui a de la ressource tant que le modèle artisanal reste préservé. C’est cette forme de solidarité de la communauté riveraine associée au développement des pêches sardinières et du cabotage qui trouve de la ressource pour s’engager dans l’ostréiculture, les pêches langoustières et thonières. Cette première civilisation de la côte s’effrite au milieu du XIXe siècle.
2 La société littorale et l’intrusion du balnéaire. La seconde naît de la rencontre entre la population endogène qui continuait de conjuguer de différentes manières ses relations avec la mer, avec une population extérieure qui exprimait un besoin de mer pour ses vertus curatives puis ludiques. En fait ce sont deux mondes très différents qui s’ignoraient et qui vont devoir cohabiter. Il en résulte une profonde transformation de l’économie locale quand les activités de services prennent le pas sur les activités primaires d’autant que le développement balnéaire touche des bourgs ruraux où la relation à la mer s’inscrivait dans la dépendance de l’activité agricole. Le développement des magasins, de l’urbanisation, de l’hôtellerie, la modification du rythme de vie qui s’aligne sur l’alternance de la saison et du hors saison pèse sur ce monde littoral et contribue déjà à une certain évolution sociologique. Mais pas encore suffisamment pour remettre en cause le pouvoir municipal qui reste encore très souvent aux mains des dirigeants agricoles et maritimes locaux.
3 La civilisation littorale résidentielle. Cette troisième civilisation de la côte s’inscrit dans la continuité de cette vague touristique qui devient de masse après la seconde guerre mondiale. Mais les bouleversements sont plus considérables. En effet c’est toute l’économie littorale qui bascule dans une économie résidentielle où le nautisme et son environnement semblent parfois exclure les activités primaires. Le besoin de mer provoque un processus de substitution d’une population exogène à la population autochtone qui a du mal à se loger devant l’explosion du prix du foncier. Cette nouvelle population résidente modifie aussi la pyramide des âges avec ce que cela implique en termes de services et d’équipement. Cette mutation intervient à un moment où se cumulent des attentes importantes en matière de développement économique vis-à-vis d’une mer à fort potentiel de ressources et des peurs qui tournent autour du risque écologique et de la montée de la mer. Dans ces conditions, les collectivités doivent affronter des résistances de la part des populations d’origine exogène coupées d’une culture ancienne des usages multiples de la mer et de l’estran et qui à travers de puissantes associations s’opposent à tout projet qui menacerait l’image rêvée qu’ils se sont construits mais dans un paysage complètement transformé dans lequel ils ont trouvé une place qu’ils refusent aux autres.
de ce thème est né le développement d'une série de publication sur les environnements littoraux et maritime
3) De l’histoire de l’expansion européenne par les compagnies des Indes à l’histoire de des rencontres entre européens et Asiatiques :
-« Les approvisionnements de la Compagnie des Indes, 1737-1770 » - « Histoire, Economie et Société », n° 3, 1982, Sedes (p 377-412) (résumé de la thèse de 3ème cycle).
-« La culture océan Indien dans le pays de Lorient au XVIIIe siècle », in Weber (J) Les relations entre la France et l’Inde de 1673 à nos jours, Les Indes savantes, 2002, p. 221-232.
-« Les hommes de Gabriel à Lorient : Louis de Saint-Pierre et les Guillois », in H. Rousteau-Chambon, Jacques V. Gabriel et les architectes de la façade atlantique, Picard, 2004 (p. 135-143).
-Les Compagnies des Indes (avec P. Haudrère) Editions Ouest France, 1999, 143 pages, 2e édition, 2001, prix 2002 des écrivains de l’Ouest., 3e édition 2005.
-Le Goût de L’Inde, PUR, 2008, 175 p. (codirection avec Brigitte Nicolas.)
L’Histoire classique des compagnies des Indes
En effet nous baignons toujours dans une histoire de l’expansion européenne très européocentrique comme en témoigne la thèse de Philippe Haudrère de la fin des années 80 et l’ouvrage que j’ai publié avec lui en 1999 Les compagnies des Indes aux éditions Ouest France et dont on ne compte plus les éditions montrant bien le succès de présentation
L’impact de la globalisation et du déplacement du centre de gravité vers l’Asie
Or l’histoire n’est pas figée et continue de s’écrire. Le centre de gravité du monde s’est déplacé vers l’Asie et aujourd’hui nous assistons à une contestation de cette histoire européocentrique :
Elle est contestée violemment par certains historiens asiatiques qui n’hésitent pas à présenter le temps des compagnies comme celui de la prédation du pillage et au final à lui imputer une responsabilité dans le sous développement dans lequel sont restés trop longtemps ces pays
.
Plus pertinemment elle est corrigée par les publications asiatiques qui démythifient complètement la manière dont les Européens se sont installées en Asie : le rouleau compresseur européen est un mythe. Nous n’avons installé que des comptoirs tolérés par des états très structurés et la colonisation n’appartient qu’à l’Histoire de la fin du XVIIIe et surtout du XIXe siècle. Ce n’est qu’à la faveur du délitement des pouvoirs en place et de leur fragmentation que les européens en ont profité, comment en aurait-il été différemment quand au milieu du XVIIIe siècle il n’y a guère que 15 000 européens tous confondus en Asie, ce qui était bien insuffisant pour empêcher qu’une expression locale puisse se faire en langue vernaculaire. Or ce sont ces sources qui sont aujourd’hui au cœur des publications qui viennent en contrepoint des récits des marchands, des capitaines, des militaires ou des missionnaires et qui nous renvoient une image bien modeste des européens.
Une nouvelle étape : de l’histoire de l’effet retour à l’histoire de la rencontre entre Européens et Asiatiques
Nous entrons dans ce que l’on appelle l’histoire interconnectée euroasiatique, dans une histoire croisée d’une rencontre entre les Européens et les différentes civilisations asiatiques. Longtemps l’Asiatique n’était visible qu’à travers ses contacts mais écrits par des Européens, aujourd’hui nous pourrions dire que nous découvrons l’Européen sous le regard des témoins asiatiques. Il faut prendre garde de ne pas se retrouver face à une inversion de l’écriture tant le volume de la production asiatique est considérable et en anglais. C’est un enjeu de la mondialisation de la connaissance
Or dans cette trajectoire nous avons (avec actuellement 4 thèses, une soutenue et trois à venir) une place importante
Les Compagnies des Indes, Ouest France, 1999 écrit par Philippe Haudrère et moi-même à partir de nos thèses respectives (perspective de l’expansion européenne)
Le Goût de l’Inde , PUR, 2008 (avec Brigitte Nicolas)
Nous avons amorcé le virage de l’interconnexion dans le cadre d’un programme piloté par l’Université JNU de Delhi entre 2006 et 2009 qui s’est traduit par un publication majeure « Le Goût de l’Inde » qui montre l’impact en France des échanges mettant en avant le processus d’acculturation à travers l’adoption des modes vestimentaires et de consommations de boissons sucrées d’Asie et à travers ce que l’on pourrait appeler une délocalisation à l’envers, l’Europe captant à son profit les techniques d’impression des cotonnades d’Inde.
Nous passons à l’histoire de la rencontre en organisant le jeudi 23 juin 2011 une journée d’étude pour aller plus loin sur cette nouvelle histoire euroasiatique avec des historiens français, portugais, anglais et Indien dont les actes seront publiés.